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La compagnie publique ADNOC prépare cinq projets de production et un programme de traitement pouvant ajouter ou traiter près de 70 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit l’équivalent de 120 % de la production émiratie en 2025, selon une analyse publiée le 3 août par The National.

« ADNOC accélère sa stratégie gazière intégrée afin d’exploiter davantage les vastes ressources des Émirats et d’étendre sa plateforme mondiale de GNL », a déclaré le 21 juillet son directeur général, Sultan Al Jaber, après l’approbation du projet Umm Shaif.

Ce total suppose toutefois que tous les développements aboutissent. Il additionne cinq nouvelles productions et le Rich Gas Development, qui doit traiter davantage de gaz associé au pétrole plutôt qu’extraire un volume entièrement nouveau.

Pourquoi dépendre du Qatar ?

Les Émirats possèdent les septièmes réserves mondiales, mais une partie importante de leur gaz est profonde, offshore ou fortement chargée en hydrogène sulfuré. Ce gaz « acide », toxique et corrosif, réclame des installations coûteuses.

Pendant des années, il revenait donc moins cher et plus vite d’acheter du gaz qatari déjà traité que de développer certaines réserves locales.

Depuis 2007, ce gaz traverse le Golfe par le gazoduc Dolphin, de Ras Laffan au Qatar jusqu’à Taweelah, près d’Abou Dhabi. Cette conduite sous-marine de 364 kilomètres peut transporter environ 20 milliards de mètres cubes par an. Les livraisons normales couvrent près de 30 % des besoins émiratis. Le contrat expire en 2032.

Six développements à des stades différents

Hail, Ghasha et Dalma, déjà en chantier, doivent produire ensemble environ 19 milliards de mètres cubes par an. Umm Shaif, approuvé le 21 juillet pour 6,2 milliards de dollars, doit dépasser 6 milliards de mètres cubes par an à partir de 2030.

Le français TotalEnergies détient 20 % d’Umm Shaif et vient également d’entrer à hauteur de 10 % dans Bab, dont la production cible atteint environ 15,5 milliards de mètres cubes par an.

Diyab vise environ 10 milliards de mètres cubes par an, tandis qu’une extension de Shah pourrait en ajouter près de 4 milliards. Ces projets restent moins avancés.

Enfin, le Rich Gas Development ne correspond pas à un nouveau champ. Il doit augmenter les capacités de traitement de plusieurs complexes, notamment à Habshan, pour récupérer davantage de gaz associé à la production pétrolière.

Pourquoi maintenant ?

La demande progresse avec l’industrie, le dessalement et les centres de données. Une partie du gaz doit aussi alimenter Ruwais LNG, terminal d’export de 9,6 millions de tonnes par an attendu en 2028.

Exploiter ces réserves difficiles devient ainsi plus intéressant, tandis qu’Abou Dhabi veut réduire sa dépendance au Qatar et atteindre l’autosuffisance gazière d’ici 2030.