L’actu arabe en un clin d’œil

Washington presse Israël d’avancer vers la fin des combats à Gaza, au Liban et face à l’Iran, a rapporté dimanche 9 août la chaîne israélienne Channel 13, au moment où le Premier ministre Benjamin Netanyahu rejette plusieurs conditions défendues par l’administration américaine.

Lors d’une visite en Israël samedi, le chef du commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, a transmis un message appelant à progresser vers la « fermeture de trois fronts », selon des sources politiques citées par Channel 13 et reprises lundi par le quotidien palestinien al-Quds.

Gaza, premier point de rupture

À Gaza, le désaccord est désormais public. Netanyahu a annoncé dimanche qu’Israël rejetait la feuille de route en 15 points soutenue par le « Conseil de paix » américain et qu’aucun retrait israélien n’aurait lieu avant un désarmement complet du Hamas.

« L’armée israélienne n’effectuera aucun retrait avant le désarmement du Hamas », a déclaré Netanyahu, cité par Al Jazeera. Il a précisé que celui-ci devait concerner les armes lourdes comme légères et constituer un désarmement « réel ».

Selon al-Quds, le Hamas a réaffirmé dimanche son engagement envers la feuille de route négociée avec les médiateurs au Caire et demandé à Washington de faire pression sur Israël pour qu’elle soit appliquée.

Pari économique sur l’Iran

Face à l’Iran, Donald Trump privilégie désormais la pression économique plutôt qu’une reprise immédiate des grandes opérations militaires. « Nous faisons profil bas », a-t-il déclaré dimanche à Axios, alors qu’il était encore proche, une semaine auparavant, d’ordonner une reprise des combats.

Le président américain estime Téhéran déjà fortement affaibli économiquement. Dans le même entretien, il a évoqué une inflation très élevée, un manque de liquidités et affirmé que l’Iran n’avait plus les moyens de payer correctement ses troupes. Selon Trump, le blocus naval américain aggrave ces difficultés.

Des responsables américains interrogés fin juillet par Axios défendaient déjà cette stratégie, estimant que les sanctions et le blocus pouvaient finir par peser davantage sur le régime que les bombardements.

L’un d’eux affirmait que les services de renseignement relevaient des difficultés à payer les combattants, ainsi que des risques de retraits massifs dans les banques et des pénuries d’essence.

En parallèle, l’Iran et Oman finalisent un projet d’arrangement destiné à rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Téhéran conditionne toutefois sa réouverture complète à plusieurs concessions américaines, dont la levée des sanctions, la libération de ses avoirs gelés et la fin du blocus naval, selon Reuters. Washington et Téhéran ne négocient pas directement mais communiquent par l’intermédiaire de médiateurs.

Pressions au Liban

Au Liban, la pression américaine porte davantage sur le terrain. Selon Channel 13, le chef du CENTCOM Brad Cooper a demandé lors de sa visite en Israël d’avancer vers de nouveaux retraits israéliens dans le sud du pays.

Les négociations sous médiation américaine ont déjà permis en juillet le lancement de premières « zones pilotes », où l’armée israélienne se retire pour laisser l’armée libanaise se déployer et démanteler les infrastructures du Hezbollah.

La session de pourparlers organisée à Rome du 4 au 6 août s’est achevée sans avancée sur de nouveaux retraits, notamment en raison de désaccords sur les zones concernées et les mécanismes de supervision.

Mais Israël lie de son côté tout nouveau recul à des garanties sur le désarmement du Hezbollah et veut conserver une zone de sécurité ainsi qu’une capacité d’intervention en cas menaces du mouvement pro-iranien.