La justice tunisienne a confirmé en appel la condamnation à huit ans de prison de Saâdia Mosbah, militante tunisienne noire, présidente de l’association Mnemty et figure tunisienne de la lutte contre le racisme, dans une affaire de blanchiment d’argent, a rapporté mardi 23 juin la radio tunisienne Mosaïque FM.
Le dossier porte aussi sur des accusations d’enrichissement illicite et de malversations financières. La peine est assortie d’une amende de plus de 100.000 dinars, soit environ 30.000 euros.
Connue pour son engagement en faveur des Tunisiens noirs et des migrants subsahariens, Saâdia Mosbah avait participé au plaidoyer ayant conduit à l’adoption, en 2018, de la loi tunisienne contre les discriminations raciales, souvent présentée comme une première dans le monde arabe.
Son association Mnemty travaille notamment sur le racisme anti-Noirs, les discriminations visant les Tunisiens noirs et la défense de migrants subsahariens présents en Tunisie.
Depuis son arrestation en mai 2024, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, dénoncent une procédure politique visant une voix critique de la politique migratoire tunisienne.
La condamnation intervient dans une Tunisie où les autorités ont durci leur discours sur l’immigration subsaharienne et multiplié les enquêtes visant des associations actives sur les questions migratoires.
Elle tombe aussi alors que Tunis est devenu un partenaire important de l’Union européenne dans le contrôle des départs vers la Méditerranée, avec des financements européens destinés notamment à limiter les traversées.