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Le gouvernement installé dans l’Est libyen a interdit l’entrée des ressortissants du Soudan, de l’Érythrée, de l’Éthiopie et de la Somalie par tous les points de passage terrestres, maritimes et aériens, a rapporté mardi 23 juin le média local Al-Wasat.

La décision, signée par Osama Hamad, Premier ministre désigné par le Parlement et allié du maréchal Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent l’Est libyen et une partie du Sud, ordonne au ministère de l’Intérieur de prendre “les mesures immédiates pour expulser tous les ressortissants de ces nationalités qui ne disposent pas d’un titre de séjour valide dans le pays”.

La mesure intervient après une polémique sur un supposé projet de “réinstallation” de migrants en Libye. Le 2 juin, Ain Libya avait rapporté la montée du hashtag “Non à la réinstallation”, sur fond d’appels à manifester à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, accusé en ligne de favoriser l’installation durable de migrants.

Le lendemain, le même gouvernement avait annoncé une série de mesures contre l’immigration irrégulière et contre l’installation durable d’étrangers en Libye.

Il avait alors affirmé que “la lutte contre l’immigration illégale et contre l’installation des étrangers constitue une priorité nationale suprême et une affaire souveraine sur laquelle aucun laxisme ne sera toléré”, en liant ce dossier à la sécurité nationale, à l’identité du pays et à sa composition démographique.

Les quatre pays visés correspondent à des flux arrivant par l’est et le sud de la Libye. Les Soudanais fuient la guerre déclenchée en avril 2023, tandis que des ressortissants d’Érythrée, d’Éthiopie et de Somalie empruntent aussi les routes de la Corne de l’Afrique vers la Libye, souvent avant de tenter de rejoindre l’Europe par la Méditerranée.

L’Organisation internationale pour les migrations estimait à plus de 936.000 le nombre de migrants présents en Libye en janvier-février 2026.

Depuis plusieurs mois, les autorités de l’Est comme de l’Ouest annoncent arrestations, expulsions et contrôles renforcés contre les migrants en situation irrégulière.