Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accusé, sans le nommer, un pays européen de bloquer la révision de l’accord entre l’Algérie et l’Union européenne, une allusion apparente à la France dans un entretien où il a également répondu aux tensions avec Paris.
« La révision de l’accord avec l’Union européenne est devenue inévitable. Un seul pays n’a pas le droit d’imposer aux 27 autres son refus de cette révision », a-t-il déclaré lundi 27 juillet lors d’un entretien avec des médias algériens, selon l’agence allemande DPA.
Tebboune n’a pas identifié le pays visé. L’allusion semble toutefois concerner la France, alors qu’il a aussi réagi dans le même entretien aux déclarations françaises sur les visas et aux différends mémoriels entre les deux pays.
Paris estime qu’une renégociation ne peut avancer tant qu’Alger maintient des restrictions commerciales et des mesures jugées discriminatoires envers les entreprises françaises, avait déclaré en janvier l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet.
Un accord devenu « inadapté »
L’Agence de presse algérienne APS a rapporté que Tebboune jugeait la révision nécessaire depuis l’entrée de l’économie algérienne dans une nouvelle phase de diversification de sa production.
Pour illustrer cette évolution, il a cité le ciment : l’Algérie en importait encore trois millions de tonnes en 2016, tandis que ses capacités de production dépassent désormais 40 millions de tonnes.
Selon les propos retranscrits par DPA, le président algérien estime que l’accord signé en 2005 correspondait à une période où l’Algérie sortait d’une décennie de violences et avait peu de produits à exporter.
« Aujourd’hui, la situation est complètement différente », a-t-il affirmé, évoquant une production nationale qui remplace certaines importations et cherche désormais davantage de débouchés à l’étranger.
Alger veut donc obtenir un meilleur accès au marché européen pour ses produits, tout en refusant qu’un seul État membre puisse, selon Tebboune, empêcher la révision de l’accord.