Le Hamas et le Jihad islamique se sont entendus avec le courant de Mohammed Dahlan, ancien responsable du Fatah chassé de Gaza en 2007 et aujourd’hui conseiller du président émirati Mohammed ben Zayed, pour soutenir une liste commune aux législatives palestiniennes prévues le 28 novembre, selon l’Associated Press (AP).
Le numéro deux du Jihad islamique, Mohammed al-Hindi, a confirmé l’accord à AP lors d’un entretien à Istanbul. La coalition soutiendra « une liste nationale unifiée », qui pourrait être composée de personnalités indépendantes plutôt que de membres des différents mouvements.
Le rapprochement réunit des adversaires de longue date. Dahlan dirigeait autrefois les forces de sécurité du Fatah à Gaza, qui réprimaient le Hamas. Lorsque le mouvement islamiste a pris le contrôle de l’enclave en 2007, les forces fidèles au Fatah en ont été chassées.
Dahlan, de Gaza à Abou Dhabi
Après une rupture avec le président palestinien Mahmoud Abbas, Dahlan a été exclu du Fatah et s’est installé aux Émirats arabes unis, où il est devenu conseiller du dirigeant du pays.
AP souligne ses liens avec des responsables américains et israéliens et décrit les Émirats comme le plus proche allié d’Israël au Moyen-Orient. Abou Dhabi avait été à l’avant-garde des Accords d’Abraham, qui ont établi des relations diplomatiques avec Israël en 2020.
Dahlan et le Hamas avaient déjà commencé à se rapprocher. En août, il avait rencontré au Caire Khalil al-Hayya, l’un des principaux dirigeants du mouvement. Selon le Hamas, les discussions avaient notamment porté sur la fin de la « monopolisation de la décision nationale » palestinienne.
Le porte-parole du courant de Dahlan, Dimitri Diliani, n’a pas parlé d’une alliance formelle, mais a confirmé à AP que plusieurs factions travaillaient à une liste commune dépassant leurs divergences politiques.
Une alliance dirigée contre le Fatah d’Abbas
Le Hamas, le Jihad islamique et le courant de Dahlan partagent aujourd’hui leur opposition à la direction de Mahmoud Abbas et du Fatah.
Abbas, 90 ans, dirige l’Autorité palestinienne depuis 2005 et son mandat présidentiel a expiré en 2009. Il a annoncé des élections législatives le 28 novembre à Gaza et en Cisjordanie, les premières depuis vingt ans.
Le Hamas avait remporté les dernières législatives en 2006. Les tensions avec le Fatah avaient ensuite débouché sur la prise de contrôle de Gaza par le Hamas l’année suivante. Abbas avait déjà annoncé de nouvelles élections en 2021 avant de les reporter.
Le Hamas toujours présent à Gaza
L’accord électoral intervient près de trois ans après le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Gaza est aujourd’hui en ruines, la majeure partie de sa population a été déplacée et plus de 74.000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé de Gaza cité par AP. Malgré les opérations israéliennes, le Hamas contrôle encore certaines parties de l’enclave.
Le mouvement prépare donc sa participation aux futures institutions palestiniennes alors que les négociations sur l’application du cessez-le-feu et le désarmement des groupes armés restent en cours. Le Jihad islamique a indiqué qu’il ne présenterait pas directement de candidats mais soutiendrait la liste commune.