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L’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé jeudi à Alger une déclaration ministérielle sur le projet SoutH2, un futur corridor destiné à acheminer jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an depuis l’Algérie vers l’Europe sur environ 3 000 kilomètres. Ce volume représenterait 10 % de la demande européenne attendue en hydrogène en 2040, selon l’Algérie Presse Service (APS).

Le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a indiqué que les travaux avaient « franchi une étape importante avec le lancement de l’étude de faisabilité ». Celle-ci doit identifier les sites de production possibles en Algérie, chiffrer le projet, étudier les différentes options de transport et mesurer la demande européenne. Ses premiers résultats sont attendus en 2027.

La déclaration signée à Alger ne marque pas le début des travaux. Elle prévoit notamment la création d’un secrétariat technique dédié, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), afin de coordonner le développement du projet entre les cinq pays.

De l’Algérie à l’Allemagne

SoutH2 doit relier l’Algérie à l’Allemagne en passant par la Tunisie, l’Italie et l’Autriche. Une partie du transport doit s’appuyer sur les réseaux actuels de gaz naturel après leur modernisation et leur adaptation à l’hydrogène.

L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable. L’Union européenne compte notamment l’utiliser dans des secteurs difficiles à électrifier directement, comme certaines industries lourdes, la production d’ammoniac pour les engrais ou certains transports.

Des industriels allemands déjà présents

La signature intervient quelques jours après une mission d’entreprises allemandes en Algérie et en Tunisie, du 21 au 25 septembre, consacrée au SoutH2 Corridor, à la production d’hydrogène, au stockage et aux infrastructures associées. La Chambre algéro-allemande de commerce indiquait avant la mission qu’une dizaine de déclarations d’intention liées à des projets existaient déjà le long du corridor.

Les liens industriels entre Alger et Berlin s’étaient déjà renforcés en juillet. Sonatrach avait signé à Berlin des protocoles d’accord avec Robert Bosch sur les électrolyseurs et la production d’hydrogène vert, et avec Siemens Energy sur l’hydrogène, la maintenance, la réparation d’équipements et les solutions de compression.

Le projet SoutH2 remonte à octobre 2024, lorsque Sonatrach et Sonelgaz avaient signé avec l’allemand VNG, les italiens Snam et Sea Corridor et l’autrichien Verbund Green Hydrogen un accord pour étudier la production d’hydrogène vert en Algérie et son exportation vers l’Europe.