Le Maroc et la Mauritanie ont signé un accord pour réhabiliter et élargir 480 kilomètres de route entre Nouadhibou et Nouakchott, un tronçon emprunté par une grande partie du trafic terrestre reliant le Maroc à la Mauritanie puis au Sénégal.
La convention-cadre a été signée lundi 21 septembre à Rabat par le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et son homologue mauritanien de l’Équipement et des Transports, Ely Ould El Veirik. Elle porte sur la RN4 mauritanienne entre Nouakchott, Nouadhibou et le point kilométrique 55, à proximité de la frontière avec le Maroc.
L’accord prévoit la réhabilitation, l’élargissement et l’entretien de l’axe, ainsi qu’un renforcement de la coopération technique entre les deux pays. Un bureau technique conjoint doit être installé en Mauritanie pour suivre la mise en œuvre du projet.
De Guerguerat à Nouakchott
Au nord, la route rejoint le réseau marocain au niveau du passage de Guerguerat, puis remonte vers Dakhla. Au sud, Nouakchott est reliée au Sénégal via Rosso, sur l’axe menant à Dakar.

La RN4 constitue ainsi une partie du corridor routier côtier utilisé par les transporteurs entre le Maroc, la Mauritanie et l’Afrique de l’Ouest. L’axe Nouadhibou-Nouakchott-Rosso-Dakar fait également l’objet de projets d’intégration soutenus par la Banque africaine de développement.
La route Nouakchott-Nouadhibou supporte notamment une part importante du trafic de poids lourds entre le Maroc et la Mauritanie. Sa remise à niveau doit faciliter les déplacements des transporteurs et réduire les difficultés liées à l’état de la chaussée et à l’entretien de cet axe.
Plus au sud, le futur pont de Rosso doit supprimer une autre rupture sur le trajet entre Nouakchott et Dakar. Cofinancé notamment par la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne, l’ouvrage doit permettre un franchissement permanent du fleuve Sénégal et réduire les délais à la frontière.
Rabat développe ses liaisons vers l’Afrique de l’Ouest
Le chantier mauritanien intervient alors que le Maroc développe plusieurs projets visant à renforcer ses connexions terrestres et portuaires vers l’Afrique de l’Ouest.
En décembre 2023, Rabat a notamment lancé une initiative destinée à faciliter l’accès des pays enclavés du Sahel à l’océan Atlantique. Le projet prévoit de connecter leurs infrastructures aux réseaux routiers, portuaires et ferroviaires de la région et de mettre à leur disposition certaines infrastructures marocaines.
La réhabilitation des 480 kilomètres en Mauritanie ne constitue pas à elle seule un accès au Sahel. Elle améliore en revanche le tronçon côtier reliant le réseau marocain à Nouakchott, avant la poursuite de l’axe vers Rosso et Dakar.