Vingt-six mille tonnes de ciment algérien ont quitté dimanche le port d’Annaba à destination des États-Unis, nouvelle expédition qui intervient alors que plusieurs filières industrielles algériennes cherchent à vendre davantage de produits hors du pays.
La cargaison de Biskria Ciment a été chargée à bord du Matilda GS, selon El Khabar, qui cite l’Entreprise portuaire d’Annaba. Le ciment, conditionné en grands sacs, doit rejoindre le marché américain.
Cette livraison s’ajoute à plusieurs annonces enregistrées en septembre dans l’électroménager, la sidérurgie et l’automobile. Dans le même temps, l’Algérie a lancé de nouveaux travaux liés à son projet phosphate-engrais dans l’Est, avec l’objectif d’expédier à terme davantage de produits transformés.
De l’électroménager algérien vers six pays
Le 24 septembre, Condor, fabricant algérien d’électronique et d’électroménager, a expédié 37 conteneurs de produits finis vers six marchés : Mali, Tunisie, Mauritanie, Libye, Égypte et Jordanie.
Le Mali constitue un nouveau débouché pour le groupe. Cette opération permet à des appareils fabriqués en Algérie de rejoindre directement plusieurs marchés arabes et africains, et pas seulement les pays voisins.
L’exportation de produits finis constitue un test différent de celui des matières premières ou semi-transformées : il faut vendre une marque, assurer le service après-vente, adapter la distribution et conserver des prix compétitifs sur des marchés où les fabricants asiatiques et européens sont déjà présents.
Près d’Oran, Tosyali exporte déjà son nouvel acier
La sidérurgie a elle aussi enregistré une nouvelle étape en septembre.
Le groupe turc Tosyali a réalisé le 10 septembre sa première exportation depuis son nouveau complexe de laminage à froid de Bethioua, près d’Oran, quelques semaines seulement après le début de la production sur le site fin juillet.
Le complexe peut produire jusqu’à 1,8 million de tonnes d’acier par an. Contrairement aux produits sidérurgiques plus basiques, les aciers laminés à froid sont notamment utilisés dans l’automobile, l’électroménager, la construction et différentes industries manufacturières.
Tosyali n’a pas communiqué le volume ni la destination de cette première cargaison. Le groupe indique cependant vouloir approvisionner d’abord le marché algérien puis développer ses ventes à l’étranger.
Des camions chinois assemblés en Algérie, avec l’export en ligne de mire
À quelques dizaines de kilomètres de Bethioua, le constructeur chinois JAC a de son côté commencé l’assemblage de camions avec son partenaire Emin Auto à Aïn Témouchent.
La production a démarré à environ 60 véhicules par jour et doit progressivement atteindre 80 à 90 unités quotidiennes. L’usine assemble dans une première phase des kits fournis par JAC avec des équipes algériennes et chinoises.
À terme, le projet prévoit une capacité de 100 000 véhicules par an, un taux d’intégration locale supérieur à 30 % et 40 % de la production destinée à l’exportation. Ces volumes correspondent toutefois aux objectifs du projet et non à la production actuelle.
Les premières livraisons sont annoncées à partir de cette semaine. Le programme doit ensuite inclure davantage de composants fabriqués sur place, notamment les moteurs, ainsi que l’emboutissage et la peinture des cabines et châssis.
Le phosphate pour exporter davantage de produits transformés
L’Algérie mise aussi sur une filière beaucoup plus lourde : le phosphate.
Le 23 septembre, les autorités ont officiellement lancé une nouvelle phase des travaux du projet intégré de phosphate dans l’Est du pays. La chaîne doit relier la mine de Bled El Hadba à Bir El Ater, la transformation chimique à Oued Kebrit, le réseau ferroviaire et les installations portuaires d’Annaba.
Le futur quai minéralier doit recevoir et charger du phosphate enrichi, des engrais et des produits associés vers les marchés algérien et étrangers. L’idée est de ne pas seulement extraire du minerai, mais d’en transformer une partie en produits à plus forte valeur ajoutée avant leur exportation.
Le pétrole et le gaz dominent encore les ventes à l’Europe
Ces annonces prennent un relief particulier au regard de la structure actuelle du commerce extérieur algérien.

En 2025, 93,2 % des importations de l’Union européenne depuis l’Algérie étaient constituées de produits minéraux, au premier rang desquels le pétrole et le gaz, selon une étude de la Chambre nationale des commissaires aux comptes relayée dimanche par Echorouk. L’Union européenne représentait 49,6 % du commerce extérieur algérien, ce qui en faisait son premier partenaire commercial.
Le ciment, l’acier, l’électroménager, les véhicules et les engrais ne remplacent donc pas à court terme les hydrocarbures dans les recettes extérieures du pays. Ils élargissent en revanche progressivement la gamme de produits fabriqués ou transformés en Algérie qui trouvent des clients hors de ses frontières.