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Le sud du Liban a connu ce week-end sa plus forte escalade depuis l’accord-cadre conclu fin juin entre Beyrouth et Tel-Aviv, avec onze morts dans des frappes israéliennes et trois soldats israéliens grièvement blessés dans une attaque attribuée au Hezbollah pro-iranien.

Les frappes israéliennes ont visé samedi plusieurs localités, notamment Ansar et Deir al-Zahrani, avant de se poursuivre dans la nuit et dimanche, selon l’Agence nationale d’information citée par An-Nahar.

À Ansar, les frappes israéliennes ont tué sept personnes, dont des femmes et des enfants. Le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé les frappes. « Les sept personnes tuées dans la frappe sur Ansar, parmi lesquelles des enfants et des femmes, ne sont ni des infrastructures militaires ni des cibles militaires », a-t-il déclaré.

Le président Joseph Aoun a estimé que ces attaques constituaient « un message clair » adressé au processus de négociations directes entre le Liban et Israël et aux efforts américains pour appliquer l’accord du 26 juin.

Une attaque du Hezbollah à l’origine de la riposte

Israël affirme avoir riposté à une attaque du Hezbollah contre ses soldats dans la zone qu’il contrôle toujours dans le Sud. Trois militaires israéliens ont été grièvement blessés.

L’armée israélienne a annoncé avoir visé à Deir al-Zahrani un responsable de l’unité Badr du Hezbollah, accusé d’avoir participé à plusieurs attaques contre ses forces.

Le Hezbollah a promis de répondre « de manière appropriée » et appelé le gouvernement libanais à interrompre les négociations avec Israël.

Le mouvement chiite – qui refuse de désarmer – avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars, en tirant des roquettes sur Israël en soutien à l’Iran après la mort du guide suprême Ali Khamenei au début de l’offensive américano-israélienne contre la République islamique.

Le désarmement au centre des négociations

Malgré cette reprise des violences, un porte-parole de Benjamin Netanyahu a déclaré à l’AFP qu’Israël souhaitait des négociations « plus sérieuses » avec le Liban. Une huitième série de discussions sous médiation américaine doit se tenir à Rome début septembre.

L’accord-cadre du 26 juin prévoit le désarmement du Hezbollah, le retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées. Le Hezbollah refuse toutefois de renoncer à ses armes avant le retrait israélien.

Les tensions se concentrent aussi autour d’Ali al-Taher, une hauteur stratégique près de Nabatiyé. Selon An-Nahar, les autorités libanaises auraient proposé au Hezbollah de remettre le site et ses armes lourdes à l’armée afin d’éviter une offensive israélienne. Le mouvement aurait refusé et renforcé ses positions.