L’actu arabe en un clin d’œil

Les discussions entre Benjamin Netanyahu et Jared Kushner ont permis de clarifier les divergences persistantes autour du plan américain pour l’avenir de Gaza, sans pour autant déboucher sur une avancée majeure, a rapporté le média Axios ce 17 août. Arrivé en Israël après avoir rencontré dimanche au Caire des dirigeants du Hamas ainsi que des médiateurs égyptiens, qataris et turcs, l’émissaire américain s’est entretenu pendant près de quatre heures avec le Premier ministre israélien.

Au cœur des échanges : le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes et les conditions de reconstruction de Gaza. Netanyahu reste particulièrement sceptique quant à la volonté du mouvement palestinien de se démilitariser et considère le désarmement complet du Hamas et des autres groupes armés comme un préalable à tout retrait israélien. Il exige également que les sources de financement du mouvement soient taries, a précisé Al-Quds.

Kushner a toutefois appelé Israël à prendre de « petites mesures » afin de vérifier si l’engagement du Hamas à entamer son désarmement est réel. Selon un responsable américain, Washington ne demande pas à Israël de renoncer à toute intervention face à une menace imminente, mais souhaite éviter les frappes qui ne répondraient pas à une menace immédiate. La définition même de cette notion constitue toutefois l’un des principaux points de friction.

Un mécanisme de « déconfliction »

Pour tenter de prévenir une nouvelle escalade, les deux parties seraient convenues de mettre en place un mécanisme de « déconfliction », auquel participeraient notamment des médiateurs égyptiens. Il aurait pour objectif de surveiller les éventuelles violations du cessez-le-feu et de permettre aux parties de signaler les menaces émergentes avant qu’elles ne dégénèrent.

La question du devenir des armes du Hamas reste également centrale. Selon le schéma présenté par Kushner, le mouvement remettrait d’abord ses armes à un gouvernement technocratique palestinien, qui les transférerait ensuite à la Force internationale de stabilisation chargée de leur destruction. Cette étape serait indispensable avant le lancement de la reconstruction de Gaza.

Les élections en ligne de mire pour Netanyahu

Netanyahu a, de son côté, présenté à Kushner des éléments des services de renseignement israéliens concernant les violations présumées du Hamas. Il lui a également montré des sondages indiquant qu’une majorité d’Israéliens serait opposée à une reconstruction de Gaza avant sa démilitarisation et favorable à la poursuite des frappes contre les menaces imminentes.

Les discussions ont néanmoins permis d’aboutir à la création de deux groupes de travail, l’un consacré à la démilitarisation et l’autre à la situation humanitaire. Netanyahu se serait également engagé à prendre des mesures pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement dans l’enclave.

Le contexte politique israélien complique cependant les négociations. À l’approche des élections du 27 octobre, Netanyahu est soumis à une forte pression politique et apparaît peu disposé à faire des concessions importantes sur Gaza. Washington espère désormais que le Hamas donnera rapidement des preuves concrètes de sa volonté de désarmement afin de convaincre Israël de poursuivre le processus.

La réunion n’a donc pas permis de lever tous les blocages, mais elle a établi une feuille de route plus précise. Pour Washington, le prochain test sera désormais de vérifier si le Hamas accepte de remettre effectivement ses premières armes et si Israël accepte, en retour, de prendre les mesures nécessaires pour faire avancer le processus.

Source: Axios / Al-Quds