L’actu arabe en un clin d’œil

Le Liban cherche l’appui de la Turquie pour raccorder ses ports au projet ferroviaire devant relier la Turquie à l’Arabie saoudite via la Syrie et la Jordanie, après une rencontre lundi à Beyrouth entre le ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny, et l’ambassadeur turc Murat Lütem, selon Al-Monitor.

« Nous comptons sur Ankara pour nous aider dans cette voie », avait déclaré Rasamny à l’agence Anadolu début septembre. Le ministre expliquait alors vouloir relier les ports libanais aux réseaux ferroviaires permettant d’atteindre la Turquie, l’Irak et les pays du Golfe.

Le projet partirait côté libanais du port de Tripoli, dans le nord du pays, pour rejoindre la Syrie puis son réseau ferroviaire. Le Liban, qui ne dispose plus aujourd’hui de service ferroviaire opérationnel, a déjà lancé les études nécessaires à la remise en état du premier tronçon.

Tripoli relié à Homs

Le tracé étudié relie le port de Tripoli à Abboudiyeh, à la frontière syrienne, avant de rejoindre la gare syrienne d’Al-Akkari, puis Homs et le reste du réseau syrien.

Une délégation technique syrienne s’est rendue au Liban mi-septembre pour inspecter le parcours avec ses homologues libanais. Selon l’agence officielle syrienne SANA, la partie libanaise de la ligne représente environ 35 kilomètres et passe notamment par la zone économique de Tripoli et l’aéroport de Qleyaat.

Les deux pays doivent encore étudier le coût du projet, son financement et sa viabilité économique avant le lancement des travaux. Le ministère libanais travaille parallèlement sur l’étude de réhabilitation de la ligne Tripoli-Abboudiyeh.

Rasamny s’était rendu à Damas le 25 août pour discuter du rétablissement de la liaison ferroviaire avec son homologue syrien Ya‘rub Badr. Les deux gouvernements ont ensuite créé une équipe technique commune chargée d’examiner les anciennes infrastructures.

Vers la Turquie et l’Arabie saoudite

Beyrouth ne veut toutefois pas limiter le projet à une liaison entre le Liban et la Syrie.

« La viabilité économique se concrétise lorsque les ports du Liban et de Syrie sont reliés à des réseaux qui atteignent le Golfe, l’Irak et la Turquie », avait expliqué Rasamny à Anadolu. Selon lui, la Turquie doit occuper une place importante dans ce réseau en raison de ses connexions ferroviaires avec l’Europe et de sa proximité avec la Syrie.

Le projet régional évoqué par Al-Monitor doit relier la Turquie à l’Arabie saoudite en passant par la Syrie et la Jordanie. Il prévoit notamment de restaurer des portions de l’ancien chemin de fer du Hedjaz, construit à l’époque ottomane et qui reliait Damas à Médine.

La ligne complète n’est cependant pas encore construite ni financée comme un projet unique. Plusieurs tronçons doivent être réhabilités ou reconnectés dans les quatre pays.

Un réseau libanais à l’arrêt depuis des décennies

Le Liban disposait autrefois de lignes reliant Beyrouth et Tripoli à la Syrie, mais son réseau ferroviaire a progressivement cessé de fonctionner pendant et après la guerre civile.

Le gouvernement a relancé en mai le projet Tripoli-Abboudiyeh, en ouvrant une procédure pour actualiser les études et le cahier des charges de la ligne. Rasamny avait alors présenté le raccordement à la Syrie comme une première étape vers les projets ferroviaires en préparation en Turquie, en Jordanie et en Arabie saoudite.

Si le projet avance, le port de Tripoli pourrait ainsi retrouver une sortie ferroviaire vers la Syrie, puis rejoindre un réseau s’étendant au nord vers la Turquie et au sud vers la Jordanie et l’Arabie saoudite.