L’actu arabe en un clin d’œil

Le président libanais Joseph Aoun a appelé jeudi 27 août les Émirats arabes unis à investir au Liban, devant une délégation de plus de 80 dirigeants et investisseurs emmenée par le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani Al Zeyoudi. La visite intervient alors que Beyrouth cherche notamment à reconnecter le port de Tripoli, dans le nord du pays, au réseau ferroviaire syrien.

« Nous vous invitons à investir au Liban », a déclaré Aoun lors de sa rencontre avec la délégation. Al Zeyoudi a de son côté évoqué un rôle des entreprises émiraties dans les liaisons logistiques entre le Liban, les Émirats et d’autres marchés internationaux, selon la présidence libanaise.

La chaîne libanaise MTV avait rapporté mercredi un intérêt émirati pour plusieurs infrastructures du pays, notamment dans le nord, en citant la zone économique spéciale de Tripoli et les liaisons routières et ferroviaires avec la Syrie.

Tripoli relié à Homs

Deux jours avant la rencontre à Baabda, les ministres libanais et syrien des Transports avaient convenu à Damas de relancer les connexions ferroviaires entre les deux pays et de créer une équipe technique commune.

Le ministre libanais Fayez Rasamny a déclaré vouloir reconnecter le port de Tripoli au réseau syrien vers Homs. Le projet permettrait d’acheminer des marchandises entre la Méditerranée et la Syrie, puis de développer des liaisons vers l’Irak et les pays du Golfe.

Le Liban avait déjà lancé en mai un appel d’offres pour étudier la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre Tripoli et la frontière syrienne.

Des investissements déjà engagés en Syrie

Quelques dizaines de kilomètres plus au nord, les groupes émiratis ont déjà investi dans les infrastructures portuaires syriennes.

En juillet 2025, DP World a signé une concession de 30 ans pour développer et exploiter le port de Tartous, avec 800 millions de dollars d’investissements prévus.

À Lattaquié, AD Ports Group a acquis en novembre 2025 une participation de 20 % dans le terminal à conteneurs exploité par CMA CGM, pour 22 millions de dollars.

Les capitaux émiratis ne se limitent pas aux ports. En mai 2026, Mohamed Alabbar, fondateur du promoteur Emaar, avait indiqué étudier entre 5 et 7 milliards de dollars de projets immobiliers et touristiques sur la côte syrienne.

L’intérêt pour des liaisons terrestres entre le Golfe et la Méditerranée intervient alors que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz demeure fortement perturbé depuis la guerre avec l’Iran.

« La sécurité et l’investissement sont liés »

À Beyrouth, les responsables libanais ont également insisté sur les conditions politiques nécessaires au retour des capitaux.

Devant la délégation émiratie, le ministre de l’Économie Amer Bisat a déclaré qu’un investisseur ne pouvait pas planifier avec confiance tant que les armes et les décisions de guerre et de paix n’étaient pas aux seules mains de l’État.

Abou Dhabi soutient explicitement le monopole de l’État libanais sur les armes et le désarmement du Hezbollah, parti-milice pro-iranien qui refuse de remettre son arsenal aux autorités.

Aoun a résumé jeudi le lien avec le retour des investissements. « La sécurité et l’investissement sont liés », a-t-il déclaré.