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Les Émirats arabes unis veulent réduire à « zéro » leur dépendance au détroit d’Ormuz en développant leurs ports sur le golfe d’Oman, a déclaré mercredi 17 juin le ministre émirati du Commerce extérieur Thani Al Zeyoudi dans un entretien à Bloomberg, cité par le média local Al Bayan.

« Nous nous dirigeons vers une dépendance de 0% au détroit d’Ormuz, que le passage soit ouvert ou non », a déclaré le ministre, selon le quotidien émirati.

« Le détroit rouvrira, et nous espérons que cela arrivera rapidement, mais nous n’arrêterons pas le nouveau plan », a-t-il ajouté.

Le projet repose sur l’expansion des ports de Dibba, Fujairah et Khor Fakkan, situés sur la côte orientale des Émirats, hors du golfe Persique.

Abou Dhabi étudie aussi la création d’un nouveau port sur le golfe d’Oman, ainsi que de nouvelles liaisons par pipelines et par rail entre les champs d’énergie et ces ports.

Le but étant de permettre aux Émirats d’exporter davantage de pétrole, de produits raffinés et de marchandises sans passer par Ormuz, où transitait avant la guerre environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde.

Les Émirats disposent déjà d’une capacité partielle de contournement grâce à un oléoduc reliant leurs champs pétroliers à Fujairah. Mais la crise actuelle a poussé Abou Dhabi à aller beaucoup plus loin, en faisant de sa façade orientale une voie de sortie complète pour l’énergie et le commerce.

Selon Al Bayan, les autorités émiraties mènent des études de faisabilité pour accélérer ces infrastructures. Thani Al Zeyoudi a expliqué que les périodes de crise permettent d’identifier les failles et de lancer les solutions nécessaires.

Abou Dhabi continue officiellement d’appeler à la réouverture d’Ormuz et à la liberté de navigation. Mais le plan confirme que les Émirats ne veulent plus dépendre d’un passage que l’Iran peut menacer ou bloquer en période de guerre.