Un accord sécuritaire entre la Syrie et Israël pourrait ouvrir la voie à des discussions sur une « paix globale », a déclaré le président syrien Ahmed al-Charaa dans un entretien diffusé dimanche 26 juillet par Al Jazeera.
« Si l’accord sécuritaire réussit, si Israël le respecte et si la partie syrienne respecte elle aussi toutes les conditions de l’accord qui pourrait être conclu, cela permettrait de passer à une deuxième étape, celle d’un dialogue sur une paix globale, mais sans renoncer au droit de la Syrie sur le Golan occupé », a-t-il affirmé.
Israël occupe depuis 1967 la majeure partie du plateau du Golan, qu’il a annexée en 1981. Cette annexion n’est pas reconnue par l’ONU.
Le président syrien a indiqué que Damas travaillait à cet accord avec la participation de plusieurs pays, sans les nommer ni préciser le calendrier des négociations.
« Aucun axe »
« Nous évitons l’affrontement avec Israël, car cela n’est pas dans l’intérêt de la Syrie », a-t-il ajouté, estimant que l’évolution des relations dépendrait du respect de chaque étape par les deux parties.
Ses déclarations interviennent dans la foulée de la visite à Damas du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, achevée dimanche. Celui-ci a dénoncé les incursions et les frappes israéliennes en Syrie et appelé au respect de l’accord de désengagement conclu en 1974.
Dans le même entretien, Ahmed al-Charaa a affirmé que la Syrie ne voulait appartenir à aucun axe régional ni devenir un terrain d’affrontement entre puissances rivales. Il a notamment dit vouloir tenir le pays, ravagé par 14 ans de guerre civile, à l’écart de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Concernant la Russie, il a déclaré que Damas avait « ouvert une nouvelle page » avec Moscou. Les deux pays se sont accordés sur le retrait de la plupart des installations militaires russes, avec le maintien d’une présence limitée sur la base aérienne de Hmeimim et dans une partie de la base navale de Tartous, selon lui. Les négociations sur l’avenir de ces implantations se poursuivent.
« Guerre barbare »
« Le Hezbollah a participé aux côtés du régime déchu pendant quatorze ans à sa guerre barbare contre le peuple syrien », a déclaré Ahmed al-Charaa, en réponse à une question sur une possible intervention syrienne au Liban pour désarmer le mouvement pro-iranien.
Il l’a accusé d’avoir provoqué des déplacements, tué un grand nombre de personnes et de porter les armes le long de la frontière syro-libanaise jusqu’à aujourd’hui.
Le président syrien a toutefois catégoriquement exclu l’hypothèse d’une intervention, avancée à plusieurs reprises ces dernières semaines par Donald Trump, encore lors de sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun le 21 juillet.
Il a dit soutenir « le monopole de l’État libanais sur les armes et les décisions de guerre et de paix, ainsi que l’application de l’accord de Taëf », qui prévoit notamment le désarmement des milices, plaidant pour une réponse politique, économique et institutionnelle à la crise.
Il s’est également dit peu optimiste sur la réussite de l’accord sécuritaire entre le Liban et Israël, qui comporte selon lui d’importantes failles.
Ahmed al-Charaa a pris le pouvoir après avoir mené la coalition rebelle dominée par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024.