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En visite officielle à Washington depuis lundi, le Premier ministre irakien Ali Zaïdi a promis de mettre fin aux armes échappant au contrôle de l’État après le retrait des forces américaines, tout en cherchant à attirer les investissements américains et en obtenant le soutien appuyé de Donald Trump, a rapporté mercredi 15 juillet le média irakien Al-Alam Al-Jadeed.

Le déplacement, qui doit se poursuivre jusqu’au 18 juillet, a également coïncidé avec la révélation de sanctions bancaires irakiennes visant le Hezbollah libanais et ses affiliés, ainsi qu’avec le soutien affiché par Washington à la remise en service d’un oléoduc reliant l’Irak à la Syrie.

– « Un grand dirigeant » –

Reçu mardi à la Maison-Blanche, Ali Zaïdi a bénéficié d’un accueil particulièrement chaleureux du président américain.

« Retenez bien mes mots : cet homme va devenir un grand dirigeant au Moyen-Orient, au-delà de l’Irak », a déclaré Donald Trump, selon Al-Alam Al-Jadeed et l’agence Associated Press.

Le président américain a également évoqué la « formidable alchimie » entre les deux hommes, tous deux issus du monde des affaires.

Ali Zaïdi, âgé de 40 ans, a été choisi au printemps pour diriger le gouvernement après plusieurs mois de blocage, dans un contexte de fortes pressions américaines. Donald Trump avait menacé de réduire le soutien des États-Unis à Bagdad en cas de retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, jugé trop proche de l’Iran par Washington, rappelle Associated Press.

– Plus d’armes hors de l’État –

Le principal engagement pris par Ali Zaïdi concerne les factions armées irakiennes, dont plusieurs entretiennent des liens étroits avec l’Iran.

« Après le 30 septembre, il n’y aura plus besoin de factions. Les factions répondent à un besoin, ce n’est pas un métier », a-t-il déclaré, cité par Al-Alam Al-Jadeed.

Cette date doit marquer la fin de la mission militaire américaine en Irak. Zaïdi estime que ce retrait enlèvera toute justification au maintien de groupes armés échappant au contrôle de l’État.

Le gouvernement leur a donné jusqu’à la fin septembre pour déposer les armes. Plusieurs factions ont toutefois déjà fait savoir qu’elles n’entendaient pas obéir.

Washington a prévenu qu’il jugerait le gouvernement irakien sur ses actes et non sur de simples promesses.

– Les soldats sortent, les entreprises restent –

Le Pentagone a confirmé que la mission militaire américaine prendrait fin le 30 septembre, conformément à un accord conclu en 2024.

« Les forces américaines sortiront d’Irak, tandis que les entreprises américaines resteront en Irak », a déclaré Ali Zaïdi, selon Associated Press.

Donald Trump a de son côté annoncé « beaucoup d’accords » et affirmé que les entreprises américaines pourraient « extraire beaucoup de pétrole » en Irak, selon Reuters.

Bagdad cherche notamment à attirer Chevron, General Electric et d’autres groupes américains dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’électricité.

En marge de la visite, un responsable du département d’État a également déclaré à Reuters que Washington soutenait les efforts de l’Irak et de la Syrie pour remettre en service l’oléoduc Kirkouk-Baniyas.

Largement hors service depuis 2003, la conduite relie les champs pétroliers du nord de l’Irak au port syrien de Baniyas, sur la Méditerranée. Sa réhabilitation offrirait à Bagdad une voie d’exportation ne passant pas par le détroit d’Ormuz.

– Sanctions liées au Hezbollah

La visite a enfin coïncidé avec la révélation d’un document irakien plaçant le Hezbollah libanais pro-iranien et ses affiliés sur la liste des sanctions bancaires appliquées dans le pays.

Le document, publié notamment par le média irakien Shafaq News, applique des sanctions annoncées en juin par le département américain du Trésor contre des responsables, des personnes et des sociétés accusés d’appartenir aux réseaux financiers du Hezbollah.

La mesure avait toutefois été préparée avant la rencontre entre Trump et Zaïdi.

Sa révélation au cours du déplacement accompagne néanmoins un rapprochement entre Washington et Bagdad fondé sur le retrait des soldats américains, l’arrivée d’entreprises des États-Unis et une pression accrue sur les factions et les réseaux financiers proches de l’Iran.