Les déclarations des autorités irakiennes sur le démantèlement présumé d’une cellule travaillant pour l’Ukraine ont rapidement dépassé le cadre sécuritaire pour prendre une dimension diplomatique, a rapporté un article d’Al-Alam al-Jadiid le 29 juillet.
Après les propos du conseiller irakien à la sécurité nationale, Qasim al-Araji, affirmant que des individus liés à Kiev avaient été arrêtés pour des opérations de sabotage sur le territoire irakien, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a opposé un démenti catégorique, dénonçant des accusations « sans fondement », « irresponsables » et regrettant de n’avoir reçu aucune notification officielle de Bagdad.
Selon les autorités irakiennes, les informations reposent toutefois sur des rapports préliminaires encore en cours d’analyse. L’ancien ministre et ambassadeur Salam al-Maliki a précisé que les déclarations du conseiller à la sécurité nationale s’appuyaient sur des éléments techniques transmis aux services compétents, tout en reconnaissant que l’enquête n’était pas achevée. Il insiste sur le fait qu’aucune accusation diplomatique formelle n’a été portée contre l’Ukraine et que Bagdad entend respecter les procédures officielles avant toute communication avec les pays concernés.
Kiev est accusé d’avoir ciblé un navire iranien
Kiev juge néanmoins ces explications insuffisantes. Dans son communiqué, la diplomatie ukrainienne estime qu’aucune preuve n’a été présentée et reproche aux autorités irakiennes d’avoir médiatisé l’affaire avant d’utiliser les canaux diplomatiques habituels. L’Ukraine considère également que ces accusations reprennent des éléments de la propagande russe visant à détériorer ses relations avec les pays du Moyen-Orient.
Cet incident diplomatique s’inscrit notamment dans un contexte particulier. L’Ukraine est accusée par l’Iran d’avoir mené des frappes en mer Caspienne contre un navire iranien soupçonné de livrer des armes à la Russie, qui ont fait un mort et plusieurs blessés samedi 25 juillet.
De surcroît, depuis plusieurs semaines, l’Irak fait face à une recrudescence des tensions entre les États-Unis, l’Iran et les groupes armés pro-iraniens présents sur son territoire. Pour Al-Alam al-Jadiid, l’évocation d’une implication ukrainienne pourrait détourner l’attention des débats internes portant sur le rôle des factions armées et sur le monopole de l’État en matière de sécurité.
À ce stade, aucune preuve publique n’a été rendue disponible par Bagdad, tandis que l’Ukraine maintient son rejet total des accusations. Les conclusions des enquêtes en cours seront déterminantes pour établir les responsabilités éventuelles, mais aussi pour éviter que cette affaire ne se transforme en véritable crise diplomatique entre les deux pays.
Source: Al-Alam al-Jadiid