Chypre devrait produire et exporter du gaz naturel pour la première fois à partir de 2028, après la décision de TotalEnergies et d’Eni de développer Cronos, le premier champ gazier du pays destiné à entrer en production.
L’île avait découvert son premier gisement, Aphrodite, en 2011, mais n’a jusqu’ici commercialisé aucun des volumes trouvés dans ses eaux. Cronos doit permettre au pays de passer de l’exploration à l’exploitation de ses ressources gazières.
Un gisement de 85 milliards de mètres cubes
TotalEnergies détient 50 % du projet. Les 50 % restants appartiennent au groupe italien Eni, qui en assurera l’exploitation. Les deux partenaires ont pris la décision finale d’investissement, a annoncé mardi 28 juillet le groupe français.
Découvert en 2022 à environ 185 kilomètres au sud-ouest des côtes chypriotes, Cronos contient plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz, soit environ 85 milliards de mètres cubes.
Le champ sera exploité au moyen de quatre puits sous-marins. La production doit atteindre 500 millions de pieds cubes par jour, soit l’équivalent d’environ 2,8 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. TotalEnergies commercialisera la moitié de ces volumes.
À plein régime, cette production pourrait représenter environ un milliard de dollars de ventes de GNL par an, sur la base d’un prix de 7 dollars par million de BTU. Cette estimation ne correspond pas aux recettes nettes de Chypre.

Le gaz sera exporté via l’Égypte
Le gaz sera acheminé par pipeline sous-marin vers l’Égypte, traité dans les installations du champ de Zohr, puis liquéfié au terminal de Damiette avant d’être exporté, principalement vers l’Europe.
Chypre pourra ainsi vendre son gaz sans construire sa propre usine de liquéfaction, en utilisant les infrastructures déjà disponibles en Égypte.
Le ministre égyptien du Pétrole, Karim Badawi, a qualifié la décision d’« étape charnière » dans la coopération entre les deux pays, selon le média égyptien Youm7. Cronos sera le premier projet à relier directement un gisement chypriote aux infrastructures gazières égyptiennes, a-t-il ajouté.
Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué par les deux groupes. Une analyse publiée par la Cyprus Economic Society évalue toutefois les coûts complets du développement en amont à l’équivalent de 5 à 6,4 milliards de dollars, selon les hypothèses retenues sur les volumes récupérables.