L’actu arabe en un clin d’œil

PARIS, 19 septembre 2026 – Emmanuel Macron a annoncé vendredi un prochain G7 consacré à l’énergie et évoqué une nouvelle libération de stocks pétroliers stratégiques pour tenter de faire baisser les prix, alors que le trafic reste fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz et que la principale voie saoudienne permettant de le contourner a été touchée.

« Cette guerre, la France ne l’a pas choisie. Elle n’y a d’ailleurs pas participé », a déclaré le président français à l’Élysée, en référence à la guerre déclenchée fin février par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Paris en subit toutefois les conséquences avec la hausse des prix de l’énergie et les difficultés d’approvisionnement.

Macron a estimé que les prix à la pompe avaient atteint des niveaux historiques et que le trafic par Ormuz s’était de nouveau dégradé ces dernières semaines.

Le G7 doit se réunir dans les prochaines semaines pour coordonner les niveaux de stocks, les exportations et les capacités de production. Une nouvelle libération de réserves stratégiques sera notamment examinée avec l’Agence internationale de l’énergie.

Diesel, carburant aérien et gaz en priorité

La France cherche en parallèle à sécuriser ses approvisionnements en diesel, carburant aérien et gaz, les trois catégories désignées par Emmanuel Macron comme prioritaires.

Paris travaille avec plusieurs pays producteurs pour augmenter les volumes disponibles à court terme, mais aussi développer des routes qui réduisent la dépendance au détroit d’Ormuz.

Des projets sont notamment à l’étude pour acheminer du gaz irakien vers la Méditerranée orientale en passant par la Jordanie, la Syrie et le Liban. La France travaille également avec l’Arabie saoudite et l’Égypte pour faire transiter davantage de gaz et de produits raffinés du Golfe vers la Méditerranée.

La réouverture d’Ormuz reste toutefois la priorité. Paris soutient les discussions menées entre Oman et l’Iran et se dit prêt à contribuer à la sécurisation du trafic maritime si un accord permet sa reprise.

Macron a toutefois reconnu que la France et l’Europe ne contrôlaient pas les conditions d’une réouverture du détroit.

Yanbu, la sortie saoudienne touchée

La pression sur les marchés s’est accrue avec les attaques contre l’oléoduc Est-Ouest saoudien, qui relie les champs pétroliers de l’est du royaume à Yanbu, sur la mer Rouge.

Macron a cité « le pipeline en Arabie saoudite débouchant sur Yanbou, en mer Rouge » parmi les routes qui avaient permis de contourner Ormuz et de faire transiter plusieurs millions de barils par jour.

Trois stations de pompage ont été endommagées lors d’une attaque de drones, réduisant fortement les flux vers Yanbu. Cette route avait pris une importance accrue depuis la fermeture d’Ormuz.

Aramco doit désormais refaire passer davantage de brut par le Golfe. Environ 60 millions de barils saoudiens sont prévus au départ de Ras Tanura en septembre et octobre, avant des transferts entre pétroliers au large de Sohar, à Oman.

La perturbation touche directement l’Europe. Certains raffineurs européens ont été informés qu’ils ne recevraient pas leurs cargaisons saoudiennes prévues en octobre.

Paris dit travailler avec Riyad pour aider à rétablir pleinement la sortie vers la mer Rouge. Emmanuel Macron a rappelé que la reprise précédente du trafic et le recours aux voies de contournement avaient contribué à faire refluer les prix.