Le Maroc aurait œuvré auprès d’Israël pour assouplir sa position sur la vente de 48 avions furtifs F-35 à l’Arabie saoudite, dans le cadre de discussions plus larges impliquant Rabat, Riyad, Tel-Aviv et Washington, selon plusieurs sources occidentales anonymes citées par le média marocain Assahifa. Aucun document officiel ne confirme à ce stade ce rôle attribué à Rabat.
Les faits publics se sont succédé à moins de vingt-quatre heures d’intervalle. Le 16 septembre, le Maroc et Israël ont annoncé à New York le passage de leurs représentations diplomatiques au niveau des ambassades et l’échange d’ambassadeurs. Le lendemain, le département d’État américain a approuvé une possible vente à Riyad de 48 F-35 et 49 moteurs pour un montant maximal de 24,3 milliards de dollars. La transaction reste soumise au processus d’examen du Congrès américain.
Rabat aurait cherché à assouplir la position israélienne
Selon Assahifa, Riyad et Rabat auraient discuté d’une formule permettant de faire avancer le dossier des F-35 sans attendre une normalisation immédiate entre l’Arabie saoudite et Israël. Le Maroc aurait ensuite utilisé ses canaux avec Tel-Aviv pour obtenir une position israélienne moins restrictive sur la vente.
Le dossier est particulièrement sensible car Israël reste le seul pays du Moyen-Orient à exploiter le F-35. Lors de ses grandes ventes d’armes dans la région, Washington doit aussi prendre en compte le maintien de l’« avantage militaire qualitatif » israélien. Reuters souligne que l’éventuelle vente à Riyad testerait directement cette politique américaine.
La normalisation saoudienne avec Israël avait déjà été liée au dossier sous l’administration Biden : Washington avait alors étudié une vente de F-35 dans le cadre d’un accord plus large avec Riyad, sans que ces négociations n’aboutissent.
Un futur F-35 marocain évoqué, sans confirmation américaine
Les sources d’Assahifa affirment également que les discussions auraient porté sur la possibilité pour le Maroc d’acquérir à terme un escadron de F-35, avec une participation financière saoudienne.
Cette partie du récit n’est étayée par aucun document américain public. Assahifa précise lui-même que le Congrès n’a reçu aucune notification publique concernant une vente de F-35 au Maroc.
Le média affirme par ailleurs que les discussions avec Israël ont porté sur la fabrication d’armements au Maroc, les transferts de technologies militaires, la formation et certains systèmes d’interception et de cyberdéfense. Ces éléments reposent également sur ses sources anonymes.
Le Sahara occidental également cité dans les discussions
Assahifa affirme enfin que Rabat a cherché à obtenir le soutien de Washington avant le prochain vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, afin de faire avancer le plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Africa Intelligence fait séparément état d’une intensification des démarches diplomatiques marocaines avant la prochaine réunion du Conseil de sécurité, prévue en octobre, mais ne confirme pas que ces démarches constituent une contrepartie directe aux dossiers des ambassades ou des F-35 saoudiens.
Les éléments officiellement établis restent donc l’ouverture prévue d’ambassades entre le Maroc et Israël et l’autorisation américaine d’une possible vente de 48 F-35 à l’Arabie saoudite. Le rôle de médiation attribué à Rabat et les autres contreparties décrites par Assahifa ne sont, à ce stade, pas documentés publiquement par les gouvernements concernés.