L’actu arabe en un clin d’œil

TotalEnergies veut investir dans deux axes permettant de contourner le détroit d’Ormuz, l’un reliant Abou Dhabi à Fujairah aux Émirats arabes unis, l’autre l’Irak à la côte méditerranéenne syrienne.

« Nous allons devenir partenaires du pipeline allant de Bagdad à la Syrie, mais j’investirai aussi à Abou Dhabi dans le doublement du pipeline de Fujairah », a déclaré lundi 24 août le PDG du groupe français Patrick Pouyanné lors d’une conférence sur l’énergie en Norvège, selon le média émirati Erem Business, citant l’agence de presse Reuters.

Les modalités financières et les prises de participation envisagées par TotalEnergies dans ces deux projets n’ont pas été précisées.

Une sortie vers Fujairah et une autre vers la Méditerranée

Aux Émirats, le pipeline Habshan-Fujairah permet déjà d’acheminer jusqu’à 1,8 million de barils de brut par jour depuis Abou Dhabi jusqu’au port de Fujairah, sur le golfe d’Oman et donc à l’extérieur du détroit d’Ormuz.

ADNOC construit depuis 2025 un second pipeline destiné à doubler sa capacité d’exportation via Fujairah. Le groupe émirati indiquait en mai que les travaux étaient réalisés à 50 %, avec une mise en service prévue en 2027.

Le second axe évoqué par Patrick Pouyanné passe par l’Irak et la Syrie. L’Irak construit un pipeline de Bassora à Haditha, dans l’ouest du pays, capable de transporter 2,25 millions de barils par jour.

Bagdad et Damas ont parallèlement signé en juillet un protocole pour remettre en service une liaison entre Haditha et le port syrien de Banyas, sur la Méditerranée. La capacité visée atteint deux millions de barils par jour. Ce projet est actuellement étudié avec un consortium international comprenant notamment l’américain Chevron.

Une participation de TotalEnergies viendrait donc s’ajouter à un projet déjà engagé entre les autorités irakiennes, syriennes et plusieurs entreprises internationales.

Ormuz reste rentable pour TotalEnergies

Le groupe français continue toutefois de faire transiter du brut par le détroit d’Ormuz malgré les risques liés à la guerre.

Patrick Pouyanné a indiqué que TotalEnergies était aujourd’hui « probablement le plus grand négociant de pétrole provenant d’Irak ou du Qatar », selon Erem Business. Il estime qu’un aller-retour d’un très grand pétrolier par Ormuz coûte actuellement environ 20 millions de dollars, soit un surcoût proche de 10 dollars par baril pour un navire transportant deux millions de barils.

Ce coût supplémentaire reste compensé par les prix auxquels certains producteurs cherchent à écouler leur brut. Pouyanné a évoqué des barils vendus autour de 50 à 60 dollars, alors que le Brent évoluait au-dessus de 90 dollars lundi.

Avant la guerre, environ un cinquième des approvisionnements mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit. TotalEnergies entend désormais continuer à utiliser cette route lorsqu’elle reste rentable tout en investissant dans des débouchés permettant de l’éviter.