La Russie a nommé Dmitri Dogadkine nouvel ambassadeur en Syrie le 3 août, en remplacement d’Alexandre Efimov, dans une décision qui marque une inflexion de la stratégie russe à l’égard de Damas, a rapporté Enab Baladi. Cette nomination intervient alors que la Syrie cherche à diversifier ses partenaires après la chute du régime de Bachar al-Assad.
Diplomate expérimenté, Dmitri Dogadkine connaît bien la région. Ancien ambassadeur russe au Qatar et responsable du département Moyen-Orient et Afrique du Nord au ministère des Affaires étrangères, il a également travaillé à l’ambassade de Russie à Damas et parle arabe. Son profil illustre la volonté de Moscou de privilégier désormais la diplomatie et le dialogue avec les nouvelles autorités syriennes, a indiqué le média syrien.
La mission du nouvel ambassadeur s’annonce toutefois complexe. La Russie doit préserver ses intérêts stratégiques en Syrie, notamment ses bases militaires de Hmeimim et Tartous, qui lui offrent un accès essentiel à la Méditerranée et un point d’appui vers l’Afrique. Mais Moscou doit désormais composer avec une Syrie qui entretient de nouveaux liens avec les pays du Golfe, les États-Unis et les puissances occidentales.
Les pressions de Washington
Sur le plan économique, la Russie cherche également à maintenir son influence dans les secteurs de l’énergie, des ports, du commerce et de la reconstruction. Face à la concurrence croissante des investisseurs arabes et occidentaux, Moscou ne peut plus uniquement s’appuyer sur son poids militaire et doit proposer de nouveaux partenariats économiques.
Cette recomposition intervient alors que Washington tente de réduire l’influence russe en Syrie. Selon Reuters, Damas aurait accepté de diminuer ses importations de pétrole russe dans le cadre des discussions avec les États-Unis sur la levée de la désignation de la Syrie comme « État soutenant le terrorisme ». Les importations syriennes de pétrole russe s’élèvent à près de 60 000 barils par jour, via les ports de Baniyas et de Tartous.
Pour Moscou, l’objectif est d’adapter son approche, a ainsi résumé Enab Baladi. Après des années de soutien militaire au régime Assad, la Russie tente désormais de transformer son influence en levier diplomatique et économique afin de conserver une place centrale dans la nouvelle équation syrienne.
Source: Enab Baladi / Reuters