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Une frappe de drone a visé ce 2 août un tribunal coutumier dans la région de Ghurra Zawia, près de Kabkabiya, au nord du Darfour, faisant au moins 37 morts et une quarantaine de blessés, selon Sudan Tribune. L’attaque s’est produite alors que des responsables locaux étaient réunis dans le bâtiment. Parmi les victimes figureraient des commandants des Forces de soutien rapide (FSR), des chefs tribaux et des notables de de la tribu influente Rizeigat.

La coalition Tasis, dominée par les FSR, a accusé l’armée soudanaise d’être à l’origine du bombardement et a réclamé l’ouverture d’une enquête internationale indépendante. Cette frappe intervient alors que l’armée multiplie ses opérations de drones au Darfour afin de fragiliser les positions des FSR après les récents revers infligés au groupe paramilitaire au Nord-Kordofan, dans le sud du pays.

Généralisation des drones

Plus au sud, dans l’État du Kordofan du Sud, de nouveaux affrontements ont opposé début les forces du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), alliés des FSR, à des groupes armés issus de la communauté Otoro. Les combats ont provoqué une nouvelle vague de déplacements de civils.

Sudan Tribune rapporte que des bâtiments administratifs et humanitaires ont été pillés ou incendiés, tandis qu’une prison a été prise d’assaut, permettant l’évasion de plus d’une centaine de détenus.

Le SPLM-N affirme que ses opérations visent exclusivement des groupes rebelles ayant défié son autorité et rejette les accusations de ciblage ethnique. Le mouvement appelle les civils à quitter les zones de combat.

Ces événements illustrent surtout l’évolution du conflit soudanais vers une guerre des drones. L’armée soudanaise comme les FSR recourent désormais massivement à ces appareils pour frapper des bases militaires, des dépôts logistiques et des centres de commandement, mais aussi des infrastructures civiles et des zones habitées.

Cette généralisation des frappes à distance contribue à étendre le conflit, augmente le nombre de victimes civiles et rend la protection des populations toujours plus difficile dans un pays déjà ravagé par plus de trois ans de guerre.

Source: Sudan Tribune