Après cinq années de rupture, l’Arabie saoudite a décidé de lever le 10 juin l’interdiction qui frappait les exportations libanaises vers son territoire.
Cette mesure, annoncée par Riyad et demandée par les autorités libanaises, met fin à une suspension décidée en 2021, dans un contexte de fortes tensions politiques entre les deux pays, notamment liées aux accusations saoudiennes de trafic de Captagon et à l’influence du Hezbollah sur la politique régionale libanaise.
Le président libanais a d’ailleurs reçu le 11 juin le conseiller de la diplomatie saoudien Yazid bin Farhan, a rapporté le média An-Nahar. Joseph Aoun a tenu a remercié Riyad pour son ouverture économique à l’égard du Liban. Beyrouth espère que cette décision attirera de nouveaux investissements en provenance des pays du Golfe.
De surcroît, un article d’Al Akhbar du 12 juin évoque les opportunités pour le secteur agricole et industriel libanais.
Les exportations libanaises vers l’Arabie saoudite avaient fortement chuté et ce, même avant l’embargo, passant de 454 millions de dollars en 2012 à 230 millions en 2020, soit une baisse d’environ 50 %.
Derrière ce retour économique de l’Arabie saoudite au Liban, se dessine également un signal politique adressé à l’influence iranienne. Si Riyad s’était progressivement désengagée du dossier libanais, c’est en grande partie parce que celui-ci semblait dominé par le Hezbollah et, indirectement, par Téhéran.
Ce regain d’intérêt pour Beyrouth apparaît ainsi comme un message fort, à mettre en parallèle avec les récentes décisions des autorités libanaises visant à restructurer l’État, à affirmer le monopole des armes et à durcir le rapport de force avec le Hezbollah.