Le français Mistral AI et le saoudien HUMAIN, détenu par le fonds souverain PIF, ont annoncé le 24 août une coopération de plusieurs centaines de millions d’euros pour développer des modèles d’intelligence artificielle performants en arabe et déployer leurs solutions en Arabie saoudite et dans la région.
La coopération « représente plusieurs centaines de millions d’euros » et prévoit de « développer des modèles de pointe très performants en langue arabe », indique Mistral dans son communiqué.
Les grands modèles parlent déjà arabe, mais leurs performances baissent souvent lorsque l’on passe de l’arabe standard aux dialectes, moins bien représentés dans les données utilisées pour les entraîner. Cela affecte notamment la qualité des réponses et des outils vocaux.
Les premiers travaux de Mistral et HUMAIN porteront justement sur la cybersécurité et les technologies vocales, avant le développement d’autres modèles destinés aux utilisateurs de la région.
Mistral étudiera aussi l’utilisation des centres de données de HUMAIN en Arabie saoudite pour répondre à ses besoins locaux en puissance de calcul. Aucune capacité ni calendrier n’ont encore été annoncés.
Pourquoi l’Arabie saoudite intéresse Mistral
Le groupe français pourrait ainsi disposer de puissance de calcul directement dans le royaume, sans devoir faire fonctionner tous ses services depuis des infrastructures situées à l’étranger.
HUMAIN lui donne aussi accès à des clients saoudiens comme les banques, opérateurs télécoms, industriels et administrations, pour lesquels le lieu de stockage et de traitement des données peut être déterminant.
Les deux entreprises veulent permettre à ces clients de choisir où leurs données restent stockées, où leurs modèles sont entraînés et sur quelles infrastructures ils fonctionnent.
L’Arabie saoudite sert enfin de premier marché avant un déploiement plus large dans une région où l’usage quotidien de l’arabe passe par de nombreux dialectes.
Une coopération encore à concrétiser
HUMAIN développe déjà dans le royaume des centres de données, des capacités de calcul, des modèles et des applications d’intelligence artificielle.
La répartition des plusieurs centaines de millions d’euros annoncés n’a toutefois pas été détaillée. Mistral précise également que certains volets de la coopération pourront dépendre de futurs accords commerciaux.
L’accord a été annoncé à Paris pendant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane.