Le président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, s’est rendu à Damas le 3 août pour rencontrer le président syrien Ahmed al-Chareh, a rapporté Rudaw. Il s’agit de sa première visite officielle en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement entre Erbil et les nouvelles autorités syriennes.
Au cœur des discussions figure la mise en œuvre de l’accord conclu le 29 janvier entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui prévoit l’intégration progressive des institutions kurdes du nord-est de la Syrie au sein de l’État syrien. Barzani, qui entretient des relations privilégiées avec les dirigeants kurdes syriens, notamment Mazloum Abdi, entend poursuivre son rôle de facilitateur tout en rappelant que ce dossier relève avant tout de la souveraineté syrienne.
Des opportunités économiques
Les deux dirigeants ont également abordé les principaux enjeux régionaux, notamment la sécurité aux frontières, la lutte contre le terrorisme, le retour des réfugiés ainsi que les conséquences des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Tous deux ont réaffirmé leur attachement au dialogue et à la stabilité régionale.
Au-delà du volet sécuritaire, la coopération économique s’est imposée comme l’autre priorité. Nechirvan Barzani a souligné les « immenses opportunités » offertes par un renforcement des échanges entre la Syrie, l’Irak et le Kurdistan irakien. Les discussions portent notamment sur le développement des échanges commerciaux, des transports, des investissements et des infrastructures.
Cette dynamique se concrétise déjà. Une délégation du groupe kurde Iskandar Holding a rencontré l’Autorité syrienne d’investissement afin d’examiner plusieurs projets dans les secteurs de l’industrie, des services et des infrastructures, a indiqué le média Enab Baladi. Damas cherche ainsi à attirer les capitaux régionaux pour accélérer la reconstruction du pays après plus de quatorze années de guerre.
Erbil dispose d’une solide expérience en matière d’investissements étrangers et peut servir de passerelle entre la Syrie, l’Irak et les investisseurs du Golfe.
Si l’intégration des FDS demeure un dossier sensible, le rapprochement entre Damas et Erbil pourrait contribuer à stabiliser le nord-est de la Syrie tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques pour l’ensemble de la région.
Source: Enab Baladi / Rudaw