L’actu arabe en un clin d’œil

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a approuvé dimanche 19 juillet à Freetown l’accord intergouvernemental encadrant le gazoduc Nigeria-Maroc, a rapporté lundi le média marocain arabophone Industrie du Maroc, reprenant l’AFP et des éléments de l’Office national des hydrocarbures et des mines.

Le projet, aussi appelé Gazoduc africain atlantique, doit transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an sur environ 6 900 kilomètres. Son tracé doit partir du sud du Nigeria, longer la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, puis remonter le Maroc avant de rejoindre le Gazoduc Maghreb-Europe et le réseau espagnol. Il doit desservir 13 pays.

La moitié de sa capacité, soit 15 milliards de mètres cubes par an, pourrait alimenter le Maroc et les marchés européens. Le reste doit notamment approvisionner les pays traversés, où le gaz pourrait servir à produire de l’électricité et à alimenter les industries locales.

Le projet repose sur les réserves du Nigeria, les plus importantes d’Afrique. Le pays disposait de plus de 210.000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées en 2025, mais peine encore à convertir cette ressource en production disponible en raison du manque d’infrastructures, des investissements insuffisants et des volumes brûlés à la torche.

L’accord signé à Freetown ne marque toutefois pas le début des travaux. Les prochaines étapes doivent porter sur la création d’une société chargée de porter le projet, dont le siège est prévu à Casablanca, et d’une autorité de gouvernance installée à Abuja. Il faudra ensuite attirer les investisseurs, conclure les contrats commerciaux et prendre la décision finale d’investissement.

Le coût est estimé à environ 25 milliards de dollars, soit près de 23 milliards d’euros. La longueur du tracé, le nombre de pays concernés et les risques politiques, financiers et sécuritaires rendent encore le calendrier incertain. Les travaux sont visés en 2028 et les premières livraisons en 2031, selon une source au sein de l’ONHYM citée par l’AFP, mais ces dates restent conditionnées à la mobilisation des capitaux.

Le Nigeria-Maroc est en concurrence avec le gazoduc transsaharien, un tracé plus court d’environ 4 100 kilomètres reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Alger a lancé le 4 juin la construction d’un nouveau tronçon sur son territoire, à Adrar, donnant également un nouvel élan à ce projet ancien.