L’actu arabe en un clin d’œil

La Jordanie a approuvé dimanche 6 septembre la fourniture de gaz naturel au Liban via Aqaba et la Syrie afin d’alimenter la production électrique libanaise, a annoncé l’agence officielle Petra. Le projet intervient alors qu’Électricité du Liban ne fournit actuellement qu’environ quatre heures de courant par jour en moyenne.

Le gouvernement jordanien a précisé que le gaz serait importé sous forme de GNL à Aqaba, regazéifié dans les installations du port puis acheminé vers le Liban à travers la Jordanie et la Syrie. Aucun volume ni calendrier de première livraison n’a encore été annoncé.

La Jordanie utilise déjà cette route pour approvisionner la Syrie depuis janvier 2026. Un accord conclu entre Amman et Damas permet des livraisons pouvant atteindre environ 4 millions de mètres cubes par jour via le gazoduc arabe.

Deir Ammar doit recevoir le gaz

Au Liban, le gaz doit notamment alimenter la centrale de Deir Ammar, près de Tripoli, qui dispose d’une capacité installée de 465 MW.

Le ministère libanais de l’Énergie travaille depuis cet été à la remise en état de la conduite reliant la frontière syrienne à la centrale. Début août, le ministre Joe Saddi indiquait que les travaux de maintenance devaient encore durer environ quatre semaines, avant deux semaines d’essais lors de l’arrivée du gaz.

Les contrats d’achat et de transit à travers la Syrie étaient également dans leurs dernières phases de préparation.

Le gaz permettrait à Deir Ammar de moins dépendre du gasoil et du fuel importés. Ces approvisionnements continuent de peser directement sur la production d’EDL : en août, l’entreprise publique avait brièvement connu un blackout total après l’épuisement des stocks de carburant de Deir Ammar et Zahrani.

Jusqu’à quatre heures supplémentaires envisagées en 2022

Le Liban avait déjà tenté de réactiver cette route en 2021-2022. Un accord conclu avec l’Égypte et la Syrie prévoyait alors l’acheminement de 650 millions de mètres cubes de gaz par an jusqu’à Deir Ammar via la Jordanie et la Syrie.

Beyrouth estimait que ces volumes pouvaient ajouter environ 450 MW au réseau, soit jusqu’à quatre heures d’électricité supplémentaires par jour.

Le projet n’avait finalement pas démarré. Le Liban attendait notamment des garanties américaines concernant les sanctions imposées au régime de Bachar al-Assad et un financement de la Banque mondiale.

Depuis janvier 2026, le gaz circule de nouveau entre la Jordanie et la Syrie. La décision prise dimanche prévoit de prolonger ce mécanisme jusqu’au Liban, mais les volumes destinés à Deir Ammar, leur prix et la date des premières livraisons restent à préciser.