L’actu arabe en un clin d’œil

Donald Trump s’est félicité jeudi 3 septembre du développement de nouvelles routes terrestres reliant l’Irak à la Méditerranée, alors que jusqu’à 5 000 camions transportant du pétrole irakien circulent chaque jour vers le port syrien de Baniyas, selon le Washington Post.

« This is GREAT! », a écrit le président américain sur Truth Social en partageant l’enquête du quotidien américain consacrée aux corridors utilisés pour réduire la dépendance au détroit d’Ormuz. Les camions ont commencé en avril à relier les raffineries du sud de l’Irak à Baniyas, sur la côte méditerranéenne syrienne.

Le Washington Post a rencontré à Al-Qaryatayn, dans le désert syrien, un chauffeur irakien effectuant un aller-retour entre Bassora et Baniyas en dix jours. Le responsable adjoint de la Syrian Petroleum Corporation, Ahmad Qubbaji, affirme que 5 000 camions arrivent quotidiennement d’Irak sans incident de sécurité majeur.

Un pipeline de Bassora à Baniyas

Washington soutient parallèlement un projet de pipeline entre Bassora et Baniyas suivant le même axe que les convois routiers.

Le projet, mené par un consortium qui doit notamment inclure l’américain Chevron, le français TotalEnergies ainsi que des investisseurs syriens et qataris, pourrait transporter jusqu’à 2 millions de barils par jour. Son coût est estimé à 5,7 milliards de dollars pour environ 1 600 kilomètres, selon le Washington Post.

Un contrat définitif est attendu en septembre, selon Ahmad Qubbaji. La construction nécessiterait au moins deux ans et demi. Une partie du tracé traverserait l’ouest de l’Irak, où la présence de groupes armés constitue toutefois un risque pour la future infrastructure.

L’administration Trump avait annoncé son soutien au projet en juillet. L’émissaire américain Tom Barrack avait alors estimé qu’une telle liaison contribuerait à faire du détroit d’Ormuz « une considération secondaire » pour les exportateurs de la région.

Les marchandises passent aussi par Aqaba

Le mouvement concerne également les importations irakiennes, mais dans le sens inverse.

Des conteneurs destinés à l’Irak arrivent désormais au port jordanien d’Aqaba, sur la mer Rouge, avant d’être transportés par camion sur environ 760 kilomètres jusqu’à la frontière irakienne.

Le volume de marchandises en transit au terminal à conteneurs d’Aqaba a augmenté de 155,1 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. Cette hausse a été alimentée en grande partie par les cargaisons destinées à l’Irak, selon Reuters.

Avant la guerre, une large part de ces importations arrivait par les ports du sud de l’Irak, accessibles depuis l’océan Indien après le passage du détroit d’Ormuz. Les perturbations du trafic maritime ont poussé transporteurs et importateurs à utiliser davantage la Jordanie.

Tripoli également à l’étude

Le Liban négocie de son côté avec Bagdad un autre débouché méditerranéen pour le pétrole irakien.

Le projet prévoit d’acheminer du brut depuis les champs de Bassora jusqu’aux installations pétrolières de Tripoli, dans le nord du Liban, en passant par la Syrie. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait évoqué cette liaison après une visite en Irak en juillet.

MTV a rapporté début août que les premières livraisons seraient effectuées par camions-citernes, avant une éventuelle remise en service d’une liaison pétrolière permanente. Aucune livraison commerciale vers Tripoli n’a toutefois encore été annoncée.

Une commission libanaise travaillait encore le 20 août sur la logistique, la gestion du trafic des citernes, les opérations et le financement du projet.

Ces itinéraires se développent alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz reste très inférieur à son niveau d’avant-guerre. Lundi, seulement cinq navires avaient emprunté le passage, selon des données de Kpler citées par Reuters.