Après plusieurs années de forte expansion, le marché immobilier de Dubaï montre des signes de ralentissement. Selon une enquête publiée le 14 septembre par le Financial Times, les volumes de transactions résidentielles en mai étaient environ deux fois moins élevés qu’un an auparavant, alors que la guerre régionale a pesé sur la confiance des investisseurs et incité certains propriétaires à différer leurs ventes.
Les ventes ont ensuite repris en juin et la baisse des prix a ralenti, mais le marché résidentiel reste environ 10 % en dessous de son niveau au début de la guerre, selon les données citées par le quotidien britannique. Plusieurs promoteurs, dont Sobha et Azizi, auraient parallèlement supprimé plusieurs centaines d’emplois afin de réduire leurs coûts.
La situation est particulièrement visible sur The World Islands, l’archipel artificiel situé au large de Dubaï. Le projet touristique et immobilier The Heart of Europe, évalué à 6 milliards de dollars, subit à la fois la baisse des visiteurs internationaux et l’augmentation du prix du diesel nécessaire au fonctionnement de ses infrastructures autonomes. Son promoteur a procédé à des licenciements et fait face à plusieurs procédures judiciaires, selon le FT.
Un secteur tout de même solide
Le ralentissement dépasse cependant ce seul projet. Les données publiées début septembre par Cavendish Maxwell montrent que le prix résidentiel moyen à Dubaï a reculé de 1,7 % sur un an en août, sa première baisse annuelle depuis février 2021. La valeur des transactions réalisées depuis janvier reste également 24 % inférieure à celle enregistrée sur la même période en 2025.
Pour autant, il est encore trop tôt pour parler d’une crise immobilière comparable aux précédents retournements de Dubaï. Les achats spéculatifs suivis de reventes rapides sont moins répandus qu’au cours des cycles précédents et plusieurs grands promoteurs continuent de lancer de nouveaux projets. Emaar a notamment dévoilé en juin un nouveau quartier urbain de 55 milliards de dollars, tandis que certains programmes de luxe continuent d’enregistrer des ventes.
La séquence constitue néanmoins un premier test important pour le boom immobilier récent de l’émirat. Très dépendant des capitaux étrangers et de l’attractivité internationale de Dubaï, le secteur doit désormais composer avec une baisse du tourisme, l’incertitude régionale et des coûts énergétiques plus élevés. Le régulateur immobilier de Dubaï, qui recense plus de 2 000 promoteurs actifs, estime toutefois que les perspectives du secteur restent solides.
Source: The Financial Times