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Le gouvernement irakien a fixé au 30 septembre 2026 le dernier délai pour la remise des armes détenues hors du cadre de l’État, a rapporté Al-Alam al-Jadeed lundi 29 juin, citant le porte-parole du gouvernement, Haidar al-Aboudi.

Selon le média irakien, toute arme non remise après cette échéance sera considérée comme une “arme irrégulière” par les autorités. Le gouvernement récemment formé d’Ali al-Zaidi tente de rouvrir un dossier que les exécutifs irakiens promettent de traiter depuis des années, sans parvenir à l’imposer aux groupes les plus armés.

Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, l’État irakien coexiste avec des partis, des tribus et des factions disposant de leurs propres arsenaux.

Cette fragmentation s’est aggravée en 2014, après la prise de Mossoul par l’organisation État islamique et l’appel de l’ayatollah Ali al-Sistani à mobiliser des volontaires face à l’avancée jihadiste.

De cette mobilisation est né le Hachd al-Chaabi, ou Forces de mobilisation populaire, une coalition de dizaines de factions qui a participé à la guerre contre l’EI, avant d’être intégrée officiellement aux forces de sécurité irakiennes. Mais certaines brigades ont conservé leur liberté d’action, leurs propres relais politiques et des liens étroits avec l’Iran.

Washington en arrière-plan

L’échéance arrive avant une visite du nouveau Premier ministre Ali al-Zaidi à Washington, prévue le 17 juillet selon la presse irakienne. Le Premier ministre a été nommé dans un contexte de forte pression américaine sur Bagdad, Washington demandant une réduction de l’influence des factions proches de Téhéran dans l’appareil d’État.

Plusieurs factions ont déjà envoyé des signaux d’ouverture. Début juin deux factions ont annoncé leur séparation du Hachd al-Chaabi et leur engagement à placer leurs armes sous autorité de l’État.

Le média local kurde Rudaw cite aussi un responsable sécuritaire selon lequel au moins trois factions se disent prêtes à discuter d’un mécanisme de remise des armes.

Mais certaines factions demandent que les procédures incluent aussi les peshmergas du Kurdistan irakien, au nom d’une application identique à tous les groupes armés. D’autres, dont Harakat al-Nujaba et Kataïb Hezbollah, refusent le désarmement tant que des forces américaines sont présentes en Irak.

Bagdad avance donc par négociation plus que par contrainte. Après le 30 septembre, le gouvernement devra surtout dire quelles armes sont visées, quelles factions ont réellement obéi et ce qu’il fera face aux groupes qui refuseront de remettre leurs arsenaux.