Massad Boulos, haut conseiller de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a effectué dimanche sa troisième visite en Algérie en moins de quatorze mois, alors que Washington multiplie les contacts avec Alger dans la défense, l’énergie et les dossiers régionaux. Il s’était déjà rendu dans le pays en juillet 2025 puis en janvier 2026.
« L’Algérie est un partenaire important des États-Unis dans le renforcement de la sécurité régionale, l’élargissement des opportunités économiques et la réalisation de la prospérité des deux pays », a déclaré Massad Boulos après son entretien avec le président Abdelmadjid Tebboune, selon l’APS citée par El Khabar.
Le responsable américain a également rencontré le Premier ministre Sifi Ghrieb, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf et le PDG de Sonatrach, Nourredine Daoudi. Avec ce dernier, les discussions ont porté sur le développement de la coopération énergétique.
De la défense aux hydrocarbures
Les contacts ne se limitent plus aux consultations diplomatiques. En janvier 2025, les chefs militaires algérien et américain ont signé un mémorandum de coopération militaire, une première entre les deux pays. Le commandant d’AFRICOM s’est de nouveau rendu à Alger en avril 2026 et a été reçu par Abdelmadjid Tebboune et Saïd Chanegriha.
L’économie prend désormais une place croissante. Selon les services du Premier ministre, Alger et Washington veulent augmenter la présence des entreprises américaines, leurs investissements et les échanges commerciaux.
L’énergie concentre une partie de ces discussions. Des groupes américains sont déjà présents dans les hydrocarbures algériens, tandis que Chevron et ExxonMobil travaillent depuis plusieurs années sur de nouveaux projets avec les autorités et Sonatrach.
Lors de sa première visite, en juillet 2025, Massad Boulos avait déjà discuté hydrocarbures et énergies renouvelables avec le ministre Mohamed Arkab.
Des partenaires encore très éloignés sur plusieurs dossiers
Ce rapprochement se développe pourtant entre deux pays dont les partenariats traditionnels restent très différents.
L’Algérie entretient depuis des décennies des liens militaires étroits avec la Russie, longtemps l’un de ses principaux fournisseurs d’armement. Washington reconnaît lui-même l’ancienneté de cette relation, tout en cherchant depuis plusieurs années à développer sa propre coopération militaire avec Alger.
Les États-Unis restent parallèlement l’allié militaire central d’Israël, auquel ils fournissent plusieurs milliards de dollars d’aide sécuritaire chaque année. L’Algérie, elle, refuse toute normalisation avec Israël.
Washington entretient également une relation militaire beaucoup plus ancienne avec le Maroc, désigné « allié majeur non membre de l’Otan » depuis 2004. Les armées américaine et marocaine organisent régulièrement des exercices conjoints.
Le Sahara occidental est aussi un point de désaccord direct. Donald Trump a réaffirmé en août la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le territoire, tandis qu’Alger soutient le Front Polisario et le principe d’autodétermination.
La multiplication des visites américaines ne signifie donc pas un changement d’alliance d’Alger. Elle montre toutefois que Washington cherche désormais à travailler plus régulièrement avec un pays longtemps beaucoup plus proche de Moscou sur les questions militaires, y compris sur la sécurité au Sahel, la Libye et l’énergie.