Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a annoncé lundi 20 juillet à Alger une réunion intergouvernementale en octobre, la première depuis 2018, rapporte El Khabar. Le même jour, l’ambassade américaine annonçait l’ouverture d’une antenne du FBI et le ministre malien des Affaires étrangères recevait l’ambassadeur algérien à Bamako.
Quelques jours plus tôt, le président Abdelmadjid Tebboune s’était rendu à Berlin, où Sonatrach, le groupe public algérien des hydrocarbures, a signé un nouveau contrat gazier avec l’allemand VNG.
Madrid revient sans céder sur le Sahara
Pedro Sánchez a présenté l’Algérie comme un «partenaire stratégique et un pays ami». La réunion d’octobre doit relancer la coopération dans l’énergie, l’industrie, la sécurité et l’immigration.
Le gaz pèse lourd dans ce rapprochement. L’Algérie a fourni près de 34 % des importations espagnoles au premier semestre 2026, selon les données d’Enagás citées par la presse espagnole.
Madrid n’a toutefois pas changé de position sur le Sahara occidental. L’Espagne continue de soutenir le plan marocain d’autonomie, à l’origine de la crise ouverte avec Alger en 2022.
Le FBI revient à Alger
L’ambassade américaine a annoncé l’ouverture d’une antenne de l’attaché juridique du FBI, qui travaillera avec la police, la justice et les services algériens.
Un bureau existait encore à Alger en 2013. Depuis au moins 2016, les dossiers algériens étaient suivis depuis Tunis. La date de départ de l’ancienne équipe n’a pas été rendue publique.
Les agents américains ne pourront pas procéder eux-mêmes à des arrestations. Ils faciliteront les échanges sur le terrorisme, les trafics, le blanchiment, la cybercriminalité et les personnes recherchées.
Bamako reprend langue avec Alger
Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a reçu lundi l’ambassadeur algérien Kamal Retieb. Le ministère malien a dit vouloir « redynamiser et renforcer » les relations entre les deux pays.
Les ambassadeurs avaient regagné leur poste le 10 juillet, après quatorze mois de rupture, tandis que les espaces aériens rouvraient.
Les relations s’étaient dégradées dès 2023. En janvier 2024, Bamako a dénoncé l’accord de paix d’Alger de 2015 et accusé l’Algérie de soutenir les groupes armés de l’Azawad. Alger le nie.
Les contentieux demeurent. Le Mali soutient désormais le plan marocain pour le Sahara occidental, tandis que l’Algérie accueille Mahmoud Dicko, imam influent devenu opposant à la junte malienne.
Berlin achètera plus de gaz algérien
Sonatrach et VNG ont signé à Berlin un contrat prévoyant une hausse des livraisons de gaz à partir de 2027. Les volumes n’ont pas été publiés.
L’Allemagne diversifie ses fournisseurs depuis la chute des livraisons russes. Tebboune a insisté sur la capacité de l’Algérie à tenir ses engagements envers ses clients européens.
Le président algérien a également remis en avant SoutH2, un projet de corridor destiné à transporter de l’hydrogène vers l’Allemagne via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche.
Le projet reste toutefois au stade des études. Aucun chantier ni calendrier ferme n’a été annoncé.